Le saviez-vous ?

st GeorgesSaint Georges

Il y a dans la collégiale un vitrail représentant Saint Georges terrassant le dragon, thème très souvent rencontré dans l’Art Sacré. De quoi s’agit -il par Saint Georges !

Saint Georges est un saint – martyr en Palestine au IVe siècle – qui était devenu soldat de l’Empire roman et qui un jour vint au secours de la ville de Trébizonde. C’est une ville située au nord de la Turquie actuelle, au bord de la Mer Noire et qui porte d’ailleurs toujours le même nom. Certains récits situent les faits dans d’autres villes.

A l’époque, la légende nous dit qu’un “dragon” réclamait chaque jour à la ville le tribut de deux agneaux ou deux jeunes gens, à dévorer, bien sûr. Ce jour-là, la princesse de Trébizonde accompagnée d’un agneau avait été choisie. On les voit d’ailleurs représentés en haut à droite du vitrail. Ce n’est pas Sainte Agnès accompagnée de son symbole (agneau-Agnès), n’en déplaise aux spécialistes spécialement ignorants de la culture religieuse qui l’ont répertoriée ainsi.

Au-delà du caractère légendaire du récit, Saint Georges est le modèle du chevalier chrétien, prêt à risquer sa vie pour autrui, dont il est devenu le saint patron.

Il est difficile de mettre en doute la réalité de son existence sans risquer – par Saint Georges ! – d’irriter nos voisins anglais qui en ont fait leur saint patron, adoptant son drapeau – une fine croix rouge sur fond blanc – et l’intégrant à l’Union Jack, drapeau qui rassemble plusieurs drapeaux en forme de croix, des différents pays du Royaume-Uni.

licorneCela dit, le Saint Georges de Champeaux a une caractéristique unique au monde…  Il ne chevauche pas un cheval mais une Iicorne… dont on voit bien la corne torsadée. Qu’est-ce que cela signifie ? La licorne peut évoquer la Vierge mais si elle est absente, comme c’est le cas ici, elle représente le Christ ressuscité.

Le symbole est dès lors évident : Celui qui combat avec l’aide du Christ ressuscité est forcément victorieux.

Roi et Reine ?

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Les statues qui supportent les colonnes à l’entrée centrale du transept représentent un roi et une reine qui se font face.

Erreur ! Il s’agit des saints patrons de l’église, Saint Martin et Sainte Fare, la fondatrice, qui sont les piliers portant symboliquement ce lieu, bien sûr, au niveau spirituel. Les couronnes tiennent lieu ici d’auréoles et expriment aussi leur royauté spirituelle sur le lieu.

Ces sculptures sont encore dans le style roman, tout comme les chapiteaux et autres sculptures du transept.

Il faut rappeler que ce transept a été construit entre 1160 et 1180 et que le style gothique n’y apparaît qu’au niveau des voûtes plus tardives.

La nef de la collégiale est, pour sa part, du premier style gothique (1220) qui, comme chacun sait, est apparu à l’Est de l’Ile-de- France. Le chœur est de 1260-1280 et le chevet du début du XIVème.

“A capella”

Le terme “a cappella”désigne un chant non accompagné d’instrument et souligne le fait qu’il se déploie seul dans l’acoustique d’une chapelle.

Le mot “chapelle” lui-même, curieusement, vient de la chape de Saint Martin. La chape est un vêtement liturgique qui ressemble à une grande cape.

Image 1Les rois mérovingiens, dès Clovis, semble-t-il, suivis des carolingiens avaient fait de la chape de Saint Martin leur étendard durant les combats. Le gardien de la chape fut appelé “chapelain” et le lieu où on la conservait, “chapelle”. Pour revenir à l’expression “a cappella”, il faut dire que le chant liturgique ne fut pas accompagné d’instruments avant le XIème siècle avec l’orgue puis le serpent, dès la fin du XVIème d’abord comme guides-chants mais non comme instruments solistes.

A la fin de la Renaissance et à l’époque baroque l’usage des instruments se développa jusque dans les Leçons (lectures) des Ténèbres mais en accompagnement dit “continuo “ .

Aujourd’hui encore l’usage des instruments est interdit dans la liturgie orthodoxe qui est donc toujours chantée “a cappella”. Il fut un temps où Champeaux accueillit un morceau de la chape de Saint Martin.

C’est sans doute aussi depuis lors qu’on y chante si volontiers “a cappella”.

Saint Martin et Sainte Fare

St Martin recSte Fare rec

La collégiale n’est pas seulement sous le patronage de Saint Martin. Elle est aussi sous celui de Sainte Fare, la fondatrice de la première communauté religieuse installée sur ces terres au VIIème siècle.

Elle était la fille d’Hagnéric Comte de Meaux et Maire du Palais (sorte de Premier ministre) du Roi. Elle fonda l’Abbaye de Faremoutiers (le moutier- monastère de Fare) qui existe toujours à environ 30 km au nord de Champeaux. Elle avait reçu en dot la Villa Campellis, (ce qui signifie les prairies-les petits champs) une exploitation agricole où elle commença sa vie monastique et installa sans doute dès la fondation de son abbaye, un prieuré dépendant de celle-ci. Il semble que ce fut la règle de Saint Colomban qui y fut appliquée sous l’influence de ce saint irlandais, qui appuya sa vocation auprès de son père. Ce fut ensuite la règle de Saint Benoît qui fut imposée comme partout dans l’Empire carolingien par le Concile d’Aix-la-Chapelle (816-819). Ce sont donc des bénédictines qui furent remplacées par des chanoines à une date encore incertaine (au plus tard début XIIème). Ce sont les chanoines qui ont édifié la collégiale remplaçant, comme souvent, un édifice plus ancien.